mardi 2 janvier 2007

La boîte de Pandore

Pour la première fois depuis plus de 31 ans, mon père et moi ne nous sommes pas souhaités la bonne année. Depuis maintenant plus d’un an, les liens sont rompus. D’un côté, à quoi bon souhaiter une bonne année à quelqu’un alors que nous ne savons même pas de quoi a été remplie la précédente ? Suis-je donc devenu un étranger dans sa nouvelle famille ? Un étranger ? Je ne pense même pas, étant donné que je l’ai été toute ma jeunesse. Un fantôme alors ? Oui, un fantôme. Suis-je en droit de lui reprocher quoi que ce soit alors qu’il serait lui-même en droit de me reprocher d’être devenu un fantôme ? A chaque fois que je voudrais lui reprocher son absence, je me reproche de ne rien faire. De regarder le téléphone plutôt que le saisir. Et pourtant, tant de tentatives ont été faites. Toutes dans le même sens malheureusement. Toutes avec un semblant d’espoir. Et puis... retour à la case « fantôme ». Je suis devenu lasse de ces tentatives sans succès. Suis-je aussi devenu lâche ?

J’ai appris à vivre semi orphelin alors qu’il est en vie. J’ai appris à vivre avec... ou plutôt sans. Cette absence devrait me rendre fou. Je le suis peut-être ? Je pense que grandir comme un étranger au sein de ma propre famille aura été la cause de cette vie renfermée. Je me suis moi-même rejeté de tout. J’ai créé une prison dans les abysses de mon cœur dans laquelle j’ai réussi à l’enfermer. Je crois malheureusement que j’ai ensuite perdu le contrôle de cette prison et qu’elle a grandi par elle-même, me poussant à inconsciemment refouler toute émotion et construire cette carapace. Carapace dont rares, précieux et immortels sont ceux avec qui je me montre sans.
Combien de temps le sceau de cette prison peut-il encore tenir ? Un an ? Dix ans ? Une vie ?
Et quels vont être les dégâts si les portes s’ouvrent ? Y en aura-t-il ? C’est sans doute cette question sans réponse qui fait que je reste encore assis devant cette porte, la bloquant pour m’assurer qu’elle ne s’ouvre pas.

Il y a des portes dans nos cœurs qu’on a peur d’ouvrir.

Il y en a d’autres dont on est certain de ne jamais vouloir fermer...

Posté par evilo à 15:24 - - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur La boîte de Pandore

    Je crois que je te comprends.

    Posté par An', jeudi 11 septembre 2008 à 00:00 | | Répondre
  • Ouch... tes messages viennent de me faire rappeler l'existance même de ce blog... de mon "blog".

    L'impression qu'une vie... que plusieurs vies même se sont écoulées depuis.

    Je crois que ce billet était un exorcisme... j'ai encore deux exorcismes devant moi. Deux exorcismes encore plus durs que celui de mon propre géniteur. Deux moitiés de mon coeur qui ont disparu, comme elles sont apparues, laissant une carcasse vide de toute émotion.

    Mais c'est peut-être aussi bien ainsi. L'émotion que je pensais être une qualité est j'en suis maintenant certain mon plus grand défaut.

    Je ne pense pas être capable de les livrer ici. Je ne pense plus l'être...

    Mais merci An' pour cette visite et ce flash back.

    Posté par evilo, vendredi 12 septembre 2008 à 00:54 | | Répondre
  • Bon courage alors pour tes exorcismes futur.
    Etre capable d'émotion(s) ne peut être un défaut.

    Take care.

    Posté par An', vendredi 12 septembre 2008 à 01:06 | | Répondre
  • Qui de vous deux est en attente de l'autre ?
    Les deux.

    On n'oublie jamais son enfant.
    On le garde au creux de sa mémoire, on souffre chaque jour en silence.

    Mais on n'oublie jamais.

    Qui aura le courage de prendre le combiné et de composer le numéro ?

    Posté par Specie, mercredi 30 mai 2007 à 20:41 | | Répondre
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